Chaque génération a le devoir de s’engager à nouveau
dans la difficile tâche d’ordonner de façon juste les affaires humaines,
cherchant à comprendre le juste usage de la liberté humaine .
Alors que le devoir de renforcer « les structures de
liberté » s’avère vital, ce n’est pourtant pas suffisant : les aspirations
humaines s’élèvent au-delà du quant-à-soi, au-delà de ce qu’aucune
autorité politique ou économique peut offrir, vers une espérance
rayonnante qui a son origine au-delà de nous-mêmes même si nous la
rencontrons en nous, en tant que vérité, beauté et bonté. La liberté est
en quête d’un but : cela requiert une conviction.
La vraie liberté présuppose la recherche de la vérité –
du vrai bien – et, de là, trouve précisément son accomplissement en
connaissant et en faisant ce qui est opportun et juste.
Aristote définit le bien comme « ce vers quoi toute
chose tend » et il poursuit en suggérant que « s’il est bon qu’un seul
homme atteigne sa fin, il est plus excellent et plus divin que l’atteigne
une nation ou les États-cités » .
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Conjointement, nous devons nous engager dans la lutte
pour la liberté et la recherche de la vérité, qui soit vont ensemble main
dans la main, soit périssent ensemble misérablement
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cette puissance extérieure qui enlève
aux hommes la liberté de communiquer publiquement leurs pensées leur ôte
également la liberté de penser -
On dit, il est vrai, que la liberté de parler ou
d'écrire peut nous être ôtée par une puissance supérieure, et non pas la
liberté de penser. Mais
penserions-nous beaucoup,et penserions-nous bien, si nous ne pensions pas
pour ainsi dire en commun avec d'autres, qui nous font part de leurs pensées
et auxquels nous communiquons les nôtres ? Aussi bien, l'on peut dire que
cette puissance extérieure qui enlève aux hommes la liberté de communiquer
publiquement leurs pensées leur ôte également la liberté de penser -
l'unique trésor qui nous reste encore en dépit de toutes les charges civiles
et qui peut seul apporter un remède à tous les maux qui s'attachent à cette
condition.
KANT
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